LES ZONES TABOUES

Tout d’abord, une zone taboue est une partie de notre corps que nous refusons de laisser toucher par quelqu’un d’autre.

Cette zone est différente suivant la personne qui est touchée, la personne qui touche (c’est à dire la nature des relations) et la culture. La zone taboue est surtout différente selon la partie du corps touchée. En effet, il y a des zones plus taboues que d’autres, les zones les plus proches des organes sexuels sont plus taboues que les zones qui en sont le plus éloignées.

De plus, il existe un « classement» des contacts corporels tabous, il y a 4 degrés de contacts tabous :

  • les contacts fréquents

  • les contacts modérés

  • les contacts rares

  • les contacts pratiquement nuls ou inexistants

Chaque relation que l’on a est en fait une association de zones « permises » et de zones « défendues ». Et sur ce plan, il y a une différence entre les sexes qui s’explique par ce qu’il se passe pendant la petite enfance et par les relations que l’on a à ce moment avec sa mère.

Cependant on ne peut pas dire qu’il y a une « règles » en ce qui concerne les zones taboues. Il y a des différences suivant les pays et suivant le type de relation.

Nous avons tous, inconsciemment, des zones précises du corps qui sont taboues pour notre entourage, parents et amis. A partir de ce moment-là, il existe comme un « règlement » que l’entourage doit suivre. Si une personne brise un des tabous, nous sentons qu’il y a un ennui et nous essayons de nous adapter au bouleversement.

Tout au long de l’enfance et de l’adolescence, les tabous du toucher se  renforcent puis ils se confirment à l’âge adulte. Ce mécanisme de réduction des contacts est plus ou moins important selon les cultures. En effet, les sociétés tribales sont différentes des civilisations urbaines, elles laissent beaucoup plus de liberté dans les contacts corporels alors que les sociétés modernes protège de plus en plus tous les  aspects de l’intimité ce qui renforce le phénomène des zones taboues.

On peut ajouter que les zones taboues changent selon le sexe et la parenté que l’on a avec celui qui touche. Dans le monde entier, ce n’est qu’entre amoureux dans l’intimité et entre les mères et leur bébé que toutes les parties du corps sont accessibles au toucher sans qu’il y ait de zones interdites.  

Dans notre métier d’éducateur :

En tant qu’éducateur, on peut se poser différentes questions : lors de relations affectives ou d’autorité, quelles sont les zones taboues qui interviennent ? Quand l’enfant, l’adolescent ou l’adulte touche une zone taboue, comment faut-il réagir ? Et enfin, comment poser des limites ?

Il nous semble tout d’abord que suivant l’âge des personnes les zones taboues ne sont pas les mêmes. Il y a moins de zones taboues avec les jeunes enfants car les relations sont le plus souvent très affectives (on touche facilement les cheveux d’un enfant mais pas du tout ceux d’un adulte). Il y a aussi des différences suivant les publics. En effet, les activités ne seront pas les mêmes et les « soins » apportés non plus (grandes différences de contacts corporels entre un éducateur travaillant avec des toxicomanes et un éducateur travaillant avec des adultes handicapés mentaux profonds…).

Lorsqu’un enfant ou un adulte touche une zone taboue, il ne faut pas réagir de façon violente ou brusque. Cependant il faut quand même faire comprendre qu’il y a certaines parties du corps que l’on ne doit pas toucher chez l’autre. On peut mettre en place des activités, des situations avec les enfants ou les adultes afin de leur faire comprendre pourquoi on ne touche pas certaines parties du corps de l’autre et que l’on ne doit pas accepter que des personnes touchent nos zones taboues (importance des notions d’ « intimité » et de « corps »).

Enfin, il faut poser les limites au fur et à mesure des comportements et des contacts. Cela se fera plus ou moins rapidement suivant, là encore, l’âge et le public concerné.

MEIGNAN Marie, LEGUE Emilie, 2ème ESG

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