LES ACTIVITES REDIRIGEES
Les
gestes détournés
Une
activité redirigée est un comportement qui n’est pas adressé à la personne
à qui on le destinait. On peut distinguer plusieurs comportements :
·
L’agression redirigée, qui consiste à passer sa colère sur
quelqu’un de moins intimidant et qui ne pourra pas se venger (hiérarchie).
Ainsi, battre sa femme ou ses enfants, être cruel avec un animal, ou rediriger
son agressivité sur un objet permet de se libérer partiellement d’un
sentiment de frustration.
·
Il y a également une raison plus profonde relevant de la psychanalyse.
Ainsi, les violences subies pendant l’enfance et dont nous gardons rancunes
peuvent être source d’activités redirigées.
·
Lorsqu’on perd un être cher, on peut être amener à projeter
l’amour qu’on avait pour cette personne sur une autre. Mais cette personne
étant différente, le résultat sera insatisfaisant : c’est l’amour
redirigé.
Pour conclure, les activités redirigées permettent de soulager les frustrations et procurent des exutoires satisfaisants mais elles restent un comportement défectueux provoquant souvent des débordements comme nous prouve souvent l’actualité.
Au niveau de la pratique professionnelle, on peut être amené, quelque soit le public, à se trouver face à des activités redirigées. En effet, on pourrait citer l’exemple d’un groupe d’enfant placé en foyer, qui «taquine » le plus jeune, ou le dernier arrivé. Ce besoin de trouver un bouc-émissaire peut être une activité redirigée. Activité qui montre leur colère d’être placés, ou encore une agressivité qui aurait pour destinataire des parents maltraitants…
Dans
le cas d’enfants maltraités, l’activité redirigée pourrait être le fait
qu’ils deviennent à leur tour des parents maltraitants. Ainsi, le viol serait
selon les psychanalystes une action redirigée. Dans des thérapies concernant
les violeurs, on essaie de développer le mécanisme de défense «al
sublimation » afin de canaliser les désirs sexuels vers l’art ou la
musique.
Certains
phénomènes de groupes peuvent être interprétés comme des activités redirigées.
Prenons l’exemple de la violence dans les cités : les jeunes, habitant
dans ces cités HLM où tout est délabré, qui ne trouvent pas d’emploi, se révoltent contre la société. Ils sont en colère contre
la société et ces employeurs qui ne veulent pas d’eux, ils se mettent alors
à violenter des policiers, des pompiers représentant l’état. Mais au départ
cette violence ne leur était pas destinée ! Pourquoi ne pas laisser ces
jeunes s’exprimer par le biais de tags, de graffitis. Dans certaines cités
des murs leur sont consacrés et les dégradations ont baissé.
Dans
le cas d’adolescents, où les parures du corps ont énormément d’importance
et où la mode et l’appartenance à un groupe prime sur le reste, les activités
redirigées consistent à exclure ou à intégrer une bande (notion du IN/OUT).
Ainsi, le jeune n’ayant pas les moyens de se payer des vêtements de marques
se sentira frustré et pourra exercer des pressions sur ses parents afin
d’avoir la marque désirée ou s’exclura du groupe. On peut supposer qu’il
est en colère après ses parents de ne pouvoir lui offrir de la marque, ou à
ses camarades de lui faire remarquer qu’il ne porte pas de marques. Dans ce
cas, si le jeune veut réellement s’acheter de la marque, il faudrait lui
faire réaliser quelques tâches (ménagères, petits boulots s’il est en âge)
contre rémunération afin qu’il prenne conscience de la valeur financière et
de l’investissement que peut représentait un objet de marque. Lui interdire
l’achat ne ferait qu’accentuer sa frustration.
HODAPP Céline 2ESG