Quelle est votre tendance naturelle pour répondre ?

FRAGMENTS D'ENTRETIEN

Cas n° 8. Jeune fille de 28 ans (voix tendue, rageuse, contenue).

Quand je la regarde !... Elle n'est pas aussi attrayante que moi, elle n'est pas aussi intelligente, elle n'a pas de chic et je me demande com­ment elle peut faire illusion à tant de personnes, comment on ne voit pas clair à travers toutes ses manières ? Elle arrive toujours à faire quelque chose, et tout le monde admire la manière dont elle le fait. Je ne peux pas le souffrir! Ça me rend malade! Elle a tout ce qu'elle veut! Elle a eu ma place, elle a eu Gérard, elle l'a littéralement détourné de moi, et ensuite elle a nié. Quand je l'ai mise devant 1e fait, que je lui ai dit ce que je pensais, elle a dit : " Mais je regrette" ! Mais... Eh bien!... je vais lui faire voir.

CAS n° 8.

1. Ressemble-t-elle à quelque autre jeune fille avec laquelle vous vous êtes déjà trouvé en relation ?

2. Vous estimez qu'elle obtient ce que vous­même, en réalité, devriez avoir.

3. On dirait que vous prenez une attitude un peu violente à son égard. Nous avons tous des préjugés contre les gens, mais il est bien rare que nous en tirions quelque chose de bon.

4. C'est un cas typique de jalousie, bien connu, provoqué par la présence d'une personne qui est peut-être un peu plus capable ou plus adroite que vous.

5. Pourquoi n'essayez-vous pas d'observer ce qu'elle fait et de la battre sur son propre terrain ? Si c'est une bluffeuse, vous devriez avoir le dernier mot.

6. A votre âge, on est naturellement très sensible à toutes les déceptions, mais on a l'avantage d'être plus raisonnable et d'avoir plus d'expérience de la vie.

 

A. La réponse jugement moral.

En réponse à B, A présente un conseil moral, il peut s'agir d'une mise en garde, d'une approbation ou d'une désapprobation.

Résultats : B se sent jugé, soit freiné, culpabilisé, révolté ou angoissé mais de toutes façons infériorisé même s'il est approuvé dans sa démarche.

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B. La réponse qui interprète.

Dans ce cas, A opère un tri dans ce qui lui est dit. A répond en reprenant partiellement ce qui lui a été dit. Il déforme le sens de l'ensemble du propos.

Résultats : B ne comprend pas, s'étonne car il ne reconnaît qu'en partie ou plus du tout ce qu'il a dit (« Ce n'est pas exactement ce que je viens de dire... »). B peut s'irriter, se bloquer ou se désintéresser. A finit par en dire plus long que B.

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C. La réponse qui soutien, rassure.

Elle encourage, elle soutient moralement, elle rassure et compatit. A peut faire allusion à une situation parallèle vécue par lui. A raconte alors son expérience pour montrer combien il se sent proche de B. Il dédramatise.

Résultats : B peut se laisser leurrer par une sorte de consolation et devenir passif. II peut aussi refuser d'être pris en pitié et se taire.

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D. La réponse qui pose des questions centrées sur sa propre pensée (investigatrice).

Cette fois, elle consiste à poser des questions à B pour obtenir des compléments d'informations que A juge indispensables. A insiste sur tel ou tel détail qui lui paraît avoir été oublié par B mais qui correspond à la seule réalité de A.

Le problème, c'est qu'il ne cherche pas à comprendre ce que B veut dire mais qu'il part sur ses propres idées.

Résultats : B s'oriente par rapport à A. Si A questionne mal, B risque de laisser dans l'ombre ce qu'il avait réellement envie de dire, B peut aussi réagir de manière hostile, car il se sent mis en cause : il n'a pas été capable de faire le tour de la question ?

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E. La réponse propose une ou des "solutions du problème"

Immédiatement, A conseille à B d'aller consulter quelqu'un d'autre ou bien A conseille une méthode qui conduirait B vers une solution.

Résultats : B se sent éconduit; B se sent obligé d'adopter une solution, une idée qu'il n'a pas choisie et qui correspond à ce que ferait A et non lui-même.

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F. La réponse "compréhensive"

A montre à B qu'il effectue un effort pour comprendre son problème et le percevoir tel que B le vit.

A veut d'abord vérifier qu'il a bien compris ce qui a été dit.

Ici deux voies s'offrent à nous:

-          Eviter de questionner le plus possible et émettre un reflet de ce qu'on a compris.

-          Questionner quand même mais en cherchant à comprendre la signification profonde de ce que l'interlocuteur exprime.

Cette attitude relance B et l'encourage à s'exprimer davantage puisqu'il a la preuve qu'il est écouté sans préjugé.

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